| Sujet :
Les politiques de relance sont-elles dépassées ?
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Guillaume GODO
Classe préparatoire EC1, option technologique Devoir déconomie (simili du 7 mars 2000)
Plan :
A/ Le libéralisme étouffe til les politiques keynésiennes ? B /Nest il pas possible dassister à une résurgence des politiques de relance ?
Durant lannée 1999 en France, le déficit budgétaire a été moins important que prévu (206 milliards de francs) .Ainsi le surplus dégagé, du fait dune croissance soutenue a permis au gouvernement davoir une marge de manuvre pour lannée 2000. Dun point de vue politique certains proposent une politique de relance avec redistribution, dautres veulent baisser la pression fiscale et le ministre de léconomie, Christian SAUTTER veut réduire la dette publique. Il y a donc des avis divergents. Est-ce quil convient dentreprendre une politique de relance ou alors faut il réduire la dette extérieure ? Le débat est le même entre keynésiens et libéraux. KEYNES est favorable à la relance de léconomie par lintervention de lEtat tandis que les libéraux prônent la dés intervention de lEtat . Il faut selon ces derniers laisser au marché le soin détablir les équilibres et lEtat exerce seulement les fonctions régaliennes. Le cadre spatio-temporel se limite aux pays développés de 1929 à 2000 . Cependant les politiques de relance ont été efficaces par le passé. Comment se fait il quaujourdhui elles ne soient plus efficientes ? Est-ce que lenvironnement économique aurait changé et les aurait rendu inadaptées ? Le paradigme capitaliste est-il un obstacle au keynésianisme ? Nous analyserons en premier lieu si les politiques keynésiennes sont encore envisageables et consécutivement à cela nous verrons si loption libérale prise par les pays développés étouffe le keynésianisme. Il est patent de constater que depuis 1982 il y a un net recul des politiques de relance au profit des politiques libérales. On peut se demander si ce ne sont pas les conséquences des politiques keynésiennes qui ont permis aux politiques libérales de se développer.
À la suite de la seconde guerre mondiale et jusquà 1970 le paradigme keynésien a régné. Il a été particulièrement efficace pour relever de ka guerre les économies des pays développés à économie de marché. Mais depuis le début des années 80 loption libérale est dominante. En 1981, la France tenta une politique de relance sans succès après larrivé des socialiste au pouvoir. La France avait mené cette politique de manière isolée, au cur dune Europe tournée vers la rigueur économique. Depuis ce moment le chômage est devenu massif en France pour atteindre des sommets supérieurs à 12% de la population active en 1997. A cause de cela la situation politique était très difficile en France ; car la désinflation compétitive saccompagne dune forte hausse du chômage et donc de lexclusion. Cependant, dans le même temps sétait installé un climat de croissance vertueux aux Etats-Unis. Selon Milton FRIEDMAN, le chômage est le prix à payer pour réparer les errements des politiques keynésiennes. Il les compare a de lalcoolisme, elles ont des effets à court terme, mais sur le long terme elles sont néfastes et provoquent de linflation. Après une politique de relance il faut purger léconomie, pour réduire linflation et faire repartir léconomie sur des bases saines. La période de stagflation de 1972 à 1982 suivi dune période de désinflation compétitive entre 1982 et 1996 qui a ensuite donné lieu à une reprise économique illustre bien cette théorie. Il apparaît que les agents économiques saccoutument aux politiques de relances. Ainsi les agents anticipent leur revenu permanent ; cest-à-dire leur revenu actuel ajusté aux prévisions certaines dans le futur qui est comparé au revenu courant ; celui qui est concrètement perçu. Si le revenu courant est supérieur au revenu permanent, le surplus sera épargné. Au contraire si le revenu courant est inférieur au revenu permanent il y aura dépense. Il sagit des anticipations adaptatives de FRIEDMAN. Pour cela, les politiques de revenu keynésiennes seraient inefficaces. Devant cette rigueur économique au niveau de la masse monétaire, du budget, des taux de change (monnaie forte) on peut se demander si une politique keynésienne à sa place.
Selon Robert LUCAS qui est à lorigine de la théorie des anticipations rationnelles, les agent font un traitement optimal de linformation dont il dispose. Ainsi pour toute politique de relance annoncée les agents économiques augmenteront leur épargne. Seul un effet de surprise pourrait les dérouter. Contrairement à FRIEDMAN il pense que les politiques de relance nont même pas deffet positif à court terme. Les agents économiques ont donc la capacité danalyser les décisions économiques aussi bien que le gouvernement. Ils ont des anticipations rationnelles. Pour LUCAS une politique de relance na aucun effet sauf dentraîner une augmentation de linflation. Pour pratiquer une politique de relance un gouvernement doit en avoir les moyens. Linstrument de relance privilégié des keynésiens est laugmentation de la masse monétaire, qui permet par le biais dune baisse des taux dintérêts de relancer linvestissement. Contrairement aux libéraux, les keynésiens nadhèrent pas à la théorie quantitative de la monnaie. Pour les libéraux la masse monétaire est égale au niveau des transactions multiplié par le prix, toute augmentation de la masse monétaire provoque de linflation. Les avantages de la politique de relance énoncés par KEYNES sont principalement induit par le coefficient multiplicateur. LEtat injecte une somme dargent dans léconomie qui va circuler entre les différents agents par lintermédiaire de la propension à consommer de chaque entité. Cela a un effet boule de neige. Khan sera le premier a parlé demploi induits. " In fine " le surplus de recette fiscale engendrée permettra de recouvrir la dépense initiale. De plus la fonction redistributive est mise en valeur par BEVERIDGE qui demande une redistribution plus importante vers les classes pauvres qui ont une propension à consommer importante. Chez les keynésiens le financement de linvestissement est assuré " ex-post " tandis que chez les libéraux il est financé " ex-ante " par une augmentation préalable de lépargne qui va faire baisser les taux dintérêt et donc favoriser linvestissement. Cependant le risque dune politique de relance est dune part de la mener de manière isolée et dautre part daugmenter linflation. Cela peut aboutir à une spirale inflationniste selon les libéraux. Une politique de relance montre certains avantages mais dans le contexte libéral actuel, elle semble mal venue. A lheure actuelle même les gouvernements sociaux démocrates adhèrent au libéralisme de léconomie. Le keynésianisme souffre de cela, car il ne peut se concevoir que sur des ensembles économiques important.
Il est patent de constater quune politique de relance isolée comme en 1981 face à un libéralisme dominant naura pas les effets escomptés. Cela donnera lieu a une recrudescence de la consommation des biens importés de par le fait de la perte de compétitivité des entreprises nationales. Dans les entreprises capitalistes, lun des éléments-clef pour favoriser la croissance sont les ressources humaines. Pour BECKER la valorisation du capital humain montre que les entreprises attendent de leurs salariés des performances ; facteur de croissance et non que lEtat vienne rétablir les équilibres économiques. LEtat doit être le garant dune formation initiale optimale. De plus le pouvoir des Etats est amoindri depuis lapparition de firmes multinationales pouvant avoir des chiffres daffaires supérieurs au budget de certains Etats. Néanmoins la réalisation dune politique de relance demande parfois une augmentation des impôts. Selon LAFFER au delà dun certain seuil laugmentation de limpôt réfrénera lardeur des individus à travailler. Cette situation sera donc néfaste à la croissance. Au contraire les libéraux sont partisans dune baisse de limposition pour favoriser linitiative privée. Certains pensent comme BUCHANAN et GILDER quil faut instaurer un taux unique dimposition (" flat tax ") . Toutefois la recherche dun chômage nul paraît veine car il existe toujours un taux de chômage naturel composé dun chômage frictionnel, structurel et volontaire selon les libéraux. Il y a donc lexistence dun taux de chômage incompressible très bas dans certains pays comme les Etats-Unis ou les Pays-Bas. Cependant dans le cas dune crise prononcée, comme par exemple celle de Russie, nest il pas possible de voir réapparaître des politiques de relances ?
Il arrive parfois quen période délection certains gouvernements nétant pas assurés dêtre réélus mènent une politique de relance dans le but dobtenir le vote de lélecteur médian, celui qui est indécis . Pour BUCHANAN certaines politiques visent donc lintérêt personnel de réélection aux dépens du bien être collectif. Or, une politique de relance effectuée de manière sporadique na que peu deffet réels. Selon MALINVAUD et CLOWER une relance doit être organisée sur le moyen et le long terme car les salaires et les prix ne sont pas flexibles à court terme. De plus, une politique de " Stop and Go " paraît impensable dans le contexte économique actuel. Pour le chef de file de lécole keynésienne en France, FITOUSSI une politique de relance nest envisageable quau niveau européen ; du fait de limportance des échanges intra-communautaire. En effet la propension a importer de le France est de 25%, tandis que celle de lEurope est de seulement 12%. Grâce à cela le coefficient multiplicateur serait dautant plus élevé. Cependant la " nouvelle économie " avec la mise en avant des valeurs technologiques provoque une surélévation sur la plupart des places boursières. Cette économie nest pas à labri dun " krack " comme en 1929, et lon se souvient bien que ce qui avait permis de sortir de ce marasme nétait pas une politique libérale mais une politique keynésienne.
En définitive, il est patent dobserver la domination des politiques libérales, qui réussissent fort bien à plusieurs pays. Dans le contexte actuel, une relance naurait pas trop de sens. Dans la conjoncture actuelle il est clair que les politiques de relance sont dépassées, mais dans un avenir plus ou moins proche, un choc boursier pourrait remettre en cause le paradigme libéral. Au moment où la croissance ne sera plus là, les gouvernement se verront peut être dans lobligation dintervenir pour faire repartir léconomie sur de bonnes bases. De plus lon constate que dans un passé proche les pays asiatiques on eu recours au FMI, à la FED et aux autorités pour renflouer les fonds spéculatifs. |