| SUJET :
FAUT-IL TOUJOURS ATTENDRE DU MARCHÉ LA RÉALISATION DES ÉQUILIBRES ? |
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Devoir écrit le 16 mars 2000 par Guillaume
GODO étudiant en première année de la classe
préparatoire Économique et commerciale, Notons que cette classe est composée exclusivement par des bacheliers STT issus des quatre options
I - Lefficience du marché est contestable
II - Est-ce que lÉtat a les capacités dinfluencer sur le long terme les variables macro et microéconomiques ?
De nos jours lon constate facilement que sur des marchés déterminés, comme celui du travail en France, il y a de graves déséquilibres. Ceci provoque un chômage important et une exclusion sociale cruelle. En premier lieu, il convient de distinguer les équilibres généraux et les équilibres partiels. Il y a un équilibre général quand tous les marchés sont en équilibre et, pour quil y ait un équilibre sur un marché, il faut que loffre soit égale à la demande. Le cadre spatio-temporel se limitera à la France et aux États-Unis de 1929 à nos jours. En ce qui concerne léquilibre des marchés, il y a deux grandes oppositions théoriciennes. Tout dabord, il y a les keynésiens qui préconisent une intervention de lÉtat dans léconomie. A linverse, les libéraux et les classiques veulent que lÉtat nintervienne pas dans léconomie et quil exerce seulement les fonctions régaliennes. Selon eux, le marché sautorégule et séquilibre automatiquement. Cela renvoie au principe de la main invisible. Toutefois, il est impératif de savoir si le marché est toujours et partout efficient ? Si lintervention de lÉtat permet de rétablir des équilibres durables ? Et si lintervention de lÉtat est uniquement souhaitable dans certains cas ? En premier lieu, nous aborderons lefficience du marché qui peut être contestée et ensuite nous verrons si lÉtat a les capacités dinfluencer, sur le long terme, les variables micro et macro-économiques. I - Lefficience du marché est contestable Sur un marché livré à lui-même, lon constate que des équilibres seffectuent naturellement. Cependant, les individus évaluateurs, intuitifs et maximisateurs de la théorie néoclassique nont pas toujours un souci de vie collective. Ainsi, les externalités négatives dénoncées par PIGOU montrent bien que les interventions de lÉtat sont parfois de rigueur. A/ Le marché est-il naturellement équilibré ? Selon le principe de la main invisible dAdam SMITH, lintervention de lÉtat serait inutile car léconomie sautorégule. Léon WALRAS pense lui que lintervention de lÉtat va briser léquilibre général des marchés. Les offreurs sadaptent à la demande et, comme la énoncé JB SAY, les crises sectorielles sont compensées par la croissance dautres secteurs. LÉtat na donc pas à intervenir dans léconomie pour régler les crises sectorielles. Il en est de même à loptimum économique de PARETO où aucun agent ne peut améliorer sa situation sans au moins détériorer celle dun autre agent ; lintervention de lÉtat est donc exclue car elle bouleverserait les équilibres. Cependant, lon constate dune manière patente que le marché du travail est déséquilibré en France. Pour les néoclassiques, cela est dû aux rigidités institutionnelles (SMIC, Syndicats, CCN) qui empêchent les salaires de baisser pour parvenir à un équilibre. Cependant, une baisse du salaire entraîne une diminution de la consommation. Cette baisse paraît difficilement réalisable car, comme lont énoncé MALINVAUD et CLOWER, les salaires et les prix sont rigides à la baisse à court terme. Pour les néoclassiques, il nexiste quun chômage volontaire tandis que KEYNES admet un chômage involontaire du fait du sous-emploi. Selon KEYNES, pour résorber le chômage il faut augmenter la masse monétaire qui fera baisser les taux dintérêt et augmenter linvestissement. Car, avant dinvestir, lentrepreneur compare la rentabilité de linvestissement avec un placement sur les marchés financiers. KEYNES veut relancer lemploi par le biais dune " illusion monétaire " qui va faire baisser le pouvoir dachat tout en augmentant sensiblement les salaires et plus fortement les prix. Pour relancer lemploi, lÉtat peut aussi lancer de grands travaux. Ceux-ci sont financés (ex- post) après coup ; lÉtat donne des revenus supplémentaires aux ménages, aux entreprises qui vont le dépenser et ainsi augmenter le revenu des entreprises qui vont embaucher. Pour KEYNES, le niveau de lemploi est déterminé par le niveau de la production qui dépend de la demande effective. Pour les néoclassiques, cest loffre qui va déterminer la demande. Les équilibres sont différents. Selon WALRAS, en condition de concurrence pure et parfaite (homogénéité des produits, information parfaite, atomicité du marché, pas de barrières et libre circulation des facteurs de production), il peut y avoir un équilibre général mais cette situation semble irréelle sur un marché concurrentiel. Cependant, lon constate des déséquilibres patents. Est-ce que cela est dû à lintervention de lÉtat ou alors au marché ? B/ Sur des marchés déséquilibrés, quels sont les moyens de revenir à un équilibre ? Pour les classiques et les néoclassiques, les déséquilibres sont dus à lintervention de lÉtat. A linverse, les keynésiens pensent que les déséquilibres sont dus aux carences de léconomie. La politique monétaire est une arme qui, pour les keynésiens, permet de retrouver léquilibre. En augmentant la masse monétaire, on fait baisser les taux dintérêt ce qui permet de relancer linvestissement. De plus, les dépenses de lÉtat, financées par un déficit budgétaire, permettent selon KHAN (collaborateur de Keynes) de créer des emplois induits. Mais laugmentation du revenu des ménages a pour effet daugmenter lépargne. Chez les néoclassiques, lépargne est automatiquement égale à linvestissement (financement ex-ante). Pour les keynésiens, lépargne est générée ex-post et permet dobserver légalité entre épargne et investissement. Toutefois, les libéraux contredisent sa thèse en invoquant les anticipations adaptatives des agents. Les agents, après plusieurs relances, shabituent à la hausse des prix. Les dépenses budgétaires dune politique keynésienne sont amorties selon les keynésiens, car les rentrées fiscales dues à la relance seront supérieures à la dépense initiale de lÉtat. BEVERIDGE demande que ces aides aillent vers les classes sociales les plus pauvres ayant une forte propension à consommer. De plus, il y a un déséquilibre certain entre ceux qui interviennent et ceux qui pensent quil convient de veiller à améliorer le fonctionnement du marché. Dune part, les classiques et les néoclassiques disent que sil y a un déséquilibre, le marché se trouvera lui-même une solution. Il sagit de lidée du " tâtonnement " walrassien. Dautre part, les keynésiens font de la politique monétaire leur principal moyen daction. Cependant, pour pouvoir utiliser la politique monétaire il faut que la banque centrale soit dépendante du gouvernement ; or, aujourdhui ce nest plus le cas. Sur les moyens de rétablir léquilibre sur les marchés, les avis sont radicalement opposés entre keynésiens et néoclassiques. Néanmoins, lon constate que durant les années 60 régnait le paradigme keynésien, quitte à supporter une forte inflation. Toutefois, cest la politique keynésienne qui a permis à la France de se relever des deux premières guerres mondiales. Mais, aujourdhui, une politique de ce type est exclue car les banques centrales sont indépendantes. La recherche de compétitivité et la rigueur économique des politiques libérales semblent avoir pris le dessus même chez les démocrates socialistes. II- Est-ce que lÉtat a les capacités dinfluencer, sur le long terme, les variables macro et microéconomiques ? Il convient de se demander si lÉtat a les capacités, sur le long terme, déviter le phénomène dinflation dû aux politiques keynésiennes. Linflation des années 70 et suivantes est-elle le contre coup du choc pétrolier ou des politiques keynésiennes ? A/ LÉtat peut-il établir des équilibres durables ? Certains disent que les politiques keynésiennes sont efficaces à court terme mais, à long terme, ils les comparent à de lalcoolisme. En effet, les néoclassiques disent quà long terme il ny a quune augmentation de la dette publique et des impôts. De plus, les emprunts dÉtat créent un effet déviction financière. Cela a pour effet daugmenter les taux dintérêt et de rendre plus difficile laccès à lemprunt des autres agents. Selon les libéraux, lÉtat avec ses politiques de relance natteint pas le but recherché car les agents font des anticipations adaptatives. Ainsi, la baisse des encaisses réelles provoquée par linflation entraîne une baisse de la consommation et une augmentation de lépargne. Les libéraux adhèrent à la théorie quantitative de la monnaie, tandis que les keynésiens ne ladoptent pas, sauf en situation de plein emploi. Selon Milton FRIEDMAN, si lon compare les situations avant et après une politique de relance, rien na changé à part le niveau des prix (inflation). Cela a pour conséquence, dentraîner une spirale inflationniste. Après la perception des augmentations de prix, les salariés vont demander lindexation de leur salaire sur les prix. Cependant, lon est forcé de constater aux États-Unis et en France, durant les " Trente Glorieuses ", lefficacité de lintervention de lÉtat. La seule différence entre 1980 et 1996 est que les Etats-Unis ont continué leur expansion économique tandis que la croissance de la France était anémiée. Les effets pervers de laugmentation des prix du pétrole et des matières premières se sont ressentis sur linflation plus en France quaux Etats-Unis. De plus, en France la politique de relance était inadaptée en 1981 et a accentué la dette publique.
Ainsi de 1970 à 1981, il y a eu une période de stagflation. Cette situation a pu être rattrapée seulement par une politique de rigueur. En effet, la désinflation de 1982 à 1996 sest accompagnée dun chômage élevé. Pour les libéraux, le chômage est le prix à payer pour retrouver une économie saine. Sous un autre angle, il convient de constater que lintervention de lÉtat nest pas innocente.
B/ Lintervention de lÉtat est-elle efficiente et rationnelle ? Il est évident que les hommes politiques ne défendent pas seulement lintérêt de la nation, ils ont aussi un souci de réélection. Comme la énoncé BUCHANAN, les hommes politiques sont amenés à créer des déséquilibres économiques importants à cause de décisions inefficientes. Certains libéraux se sont aussi aperçu que, lorsque lÉtat intervient dans léconomie, il fait souvent des choix malvenus. Si, à la place de lÉtat, une entreprise privée avait été missionnée elle aurait été souvent plus efficace. Mais cependant, ce sont les politiques keynésiennes interventionnistes qui ont permis de sortir des crises les plus rudes. Durant ces périodes de politique keynésienne les taux de croissance de léconomie ont été poussés jusquà leur paroxysme. En définitive, nous pouvons dire que dans certaines conditions, une intervention de lÉtat est impérative, notamment durant les périodes de crise très prononcées comme la crise de 1929. Toutefois, il est clair que les politiques libérales sont aujourdhui dominantes et laissent aux marchés une certaine autonomie en ce qui concerne la réalisation des équilibres. Mais parallèlement aux politiques keynésiennes et à la 3ème révolution industrielle, lon a constaté dimmenses progrès techniques. En revanche, un inconvénient majeur persiste en France, le chômage. Ni les politiques keynésiennes, ni les politiques libérales nont permis de résoudre ce problème et, de surcroît, le marché est loin de pouvoir rétablir un équilibre sur ce marché. Est-ce que le retour à une forte croissance pourrait faire baisser le chômage ? Ou alors faut-il attendre le papy boom avec ce quil véhicule dimmobilisme ? |