LA RÉALISATION D’UNE ENQUÊTE


Auteurs : Christian Visticot- Christine Morin professeurs d'économie et gestion dans l'académie de Bordeaux

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1. LE CAHIER DES CHARGES

La réalisation d’une enquête est un exemple de production technologique tertiaire.
Le produit final : le rapport d’enquête, quel que soit le support, est un ensemble d’informations qui ont été collectées, analysées, représentées.
Comme toute production technologique, la réalisation d’une enquête doit obéir à une démarche cohérente et logique.
La démarche de résolution de problème QQOQCP est assez appropriée :

1. Il est clair que la première question à se poser est Pour Qui ? L’enquête est forcément réalisée pour quelqu’un.

Exemple : Une société de production (embouteillage et distribution) d’eau minérale cherche à mieux connaître son marché.
Son directeur s’interroge : qui est-il ? Que fait-il ? Il dirige une entreprise qui puise de l’eau de source et la met en bouteille. On pourrait ajouter des informations sur l’entreprise.

2. La seconde question à se poser est Pourquoi ? Pour quelles raisons le commanditaire veut-il réaliser une enquête ? Que veut-il savoir ? Quelles informations veut-il recueillir ? De quel type ?
Exemple : à la suite d’une modification, il peut vouloir connaître la réaction des consommateurs face à la nouvelle forme d’une bouteille.

3. À ce moment là, il faut répondre à la question Quoi ? Quel type d’enquête retenir ? L’enquête par questionnaire n’est qu’un type d’enquête parmi d’autres.

4. Comment ? Quelle méthode retenir pour administrer l’enquête ?
Est-ce une enquête exhaustive ? Une population entière est alors interrogée.
Est-ce une enquête par sondage ? Seul un échantillon de la population est concerné.
Si la seconde solution est retenue, comment réaliser l’échantillon ? Il faut s’interroger sur sa taille et sa représentativité (méthode probabiliste, méthode des quotas).

Cette réflexion est très importante car c’est d’elle que va résulter la fiabilité des résultats de l’enquête.

5. Où et Quand ?
- Le choix des lieux risque d'influencer les résultats. Il faut donc réfléchir aux conséquences de ce choix.
- Les personnes interrogées peuvent répondre chez elles, dans la rue, dans un lieu donné (bureau, magasin), par téléphone, par correspondance, avec l'aide ou non d'un enquêteur.
- Le moment pendant lequel se déroule l'enquête est aussi important (météo, vacances, week-end, événement particulier …).

Il faut négocier toutes ces questions avec le commanditaire et noter toutes ses réponses.
Le document obtenu est le cahier des charges de l'enquête.
Il est prudent de faire signer ce cahier des charges par le commanditaire avant de commencer l'enquête pour s'assurer que le travail entrepris correspond bien à ses objectifs.

2. LA RÉALISATION DE L’ÉCHANTILLON

La technique d’enquête par sondage impose une réflexion sur les critères de choix de la partie de la population à interroger. Cette partie est appelée échantillon.

Il faut donc, pour obtenir des résultats fiables, que les caractéristiques de l’échantillon soient les mêmes que celles de la population entière.
Il existe deux types de méthodes d’échantillonnage :

1. Les méthodes probabilistes

Les unités de sondage sont tirées au sort de manière aléatoire. Ces méthodes respectent des lois statistiques.

1.1. Sondage aléatoire simple.
Une liste de toutes les unités de sondage est dressée et on procède à un tirage au sort.

1.2. Sondage systématique.
À partir de la liste de toutes les unités de sondage, on en tire une sur n.

1.3. Sondage stratifié.
Si la population peut être divisée en groupes homogènes, le tirage au sort se fait à l’intérieur des différents groupes.

2. Les méthodes non-probabilistes

La méthode non-probabiliste la plus connue est celle des quotas.
Cette méthode passe par quatre étapes :
a) Étudier les caractéristiques de la population de base selon certains critères de représentativité.
b) Déduire la part respective de ces différents critères en valeur relative.
c) Déterminer un taux de sondage pour déterminer la taille de l’échantillon.
d) Appliquer les valeurs relatives obtenues en b) à l’échantillon.

Exemple : soit une population de 10 000 habitants.

L’analyse de cette population montre qu’il y a :
- 55 % de femmes ; 45 % d’hommes ;
- 10 % de moins de 20 ans ; 20 % de 20-40 ans ; 25 % de 40-60 ans ; 45 % >60.

Ces pourcentages s’appellent des quotas.
Si un taux de sondage de 1/20 est préalablement choisi, cela signifie que le rapport " taille de l’échantillon / taille de la population étudiée " doit être égal à 1/20.

La taille de l’échantillon est de 10 000 / 20 = 500 personnes.

La structure de l’échantillon est déterminée en appliquant les quotas. Il y aura :
- 500 * 55 % = 275 femmes ; 500 * 45 % = 225 hommes
- 500 * 10 % = 50 moins de vingt ans 
- 500 * 20 % = 100 20-40 ans 
- 500 * 25 % = 125 40-60 ans 
- 500 * 45 % = 225 > 60 ans

La difficulté est de fixer le taux de sondage.

Une méthode empirique consiste à estimer que le taux de sondage doit être tel que le plus petit groupe obtenu est d’au moins 30 personnes.
Pour les méthodes probabilistes, des formules existent en relation avec les fonctions statistiques.
Des méthodes probabilistes permettent de déterminer le taux de sondage en fonction de la taille de la population avec un intervalle de confiance suffisamment élevé.

3. LA RÉALISATION DU QUESTIONNAIRE

1. Le nombre de questions.

Si les interviews ont lieu dans la rue, sauf exception, il faut que le questionnaire soit court : une quinzaine de questions au maximum.
Si les personnes interrogées remplissent un questionnaire à domicile, ou dans un lieu donné, le nombre de questions peut être plus important.

2. L’ordre des questions.

Un questionnaire doit être structuré par thème et présenté sous forme d’une progression allant du général au particulier.
Les questions personnelles (âge, domicile, profession, sexe...) doivent être posées à la fin du questionnaire.

3. Les types de questions.

Se rappeler les différents types de questions :

- fermées : oui r non r,
- à échelle : valeur à saisir entre " 1 et n " ou entre " mauvais et très bon ". Attention ! Ces questions doivent proposer un nombre pair de choix quand il s’agit d’exprimer une opinion sinon les réponses vont se concentrer sur le choix du milieu,
- à choix multiple : une ou plusieurs réponses parmi celles proposées,
- ouvertes : la personne interrogée dispose d’une totale liberté de réponse.

Il faut limiter le nombre de questions ouvertes :
- elles ne sont pas faciles à dépouiller avec un logiciel d’enquête ;
- le nombre de réponses différentes est tel qu’il ne donne pas de pourcentages significatifs.

Dans la mesure du possible, il est préférable de réduire une question ouverte à une question à choix multiple.

La formulation des réponses possibles à une question est particulièrement importante.
Ainsi, à la question ouverte " Quel reproche faites-vous à cette bouteille ? ", il vaut mieux proposer une liste de reproches possibles :

r son poids r sa taille r sa maniabilité
r son esthétique r son encombrement r autre :........................................

4. La rédaction des questions.

Elle doit répondre à un certain nombre d’impératifs :

La question ne doit pas :
- induire la réponse ; (" Ne pensez-vous pas que ...  ")
- comporter de termes techniques ou compliqués.

Elle doit :
- être posée en termes simples dont le sens est évident pour tout le monde,
- ne comporter qu’une seule idée,
- être précise : il faut éviter les adverbes.

" Achetez-vous souvent des fruits ? " est une mauvaise question, car le terme souvent peut être interprété différemment par les personnes interrogées. Il est préférable d’utiliser une question à échelle
r tous les jours r deux fois par semaine r une fois par semaine r etc.

Il est bon de faire précéder le début du questionnaire d’une courte  introduction présentant l’enquête, et de le terminer par une courte conclusion.

5. La présentation du questionnaire

Si le questionnaire est destiné à être rempli à domicile, sa présentation doit être agréable, aérée, suffisamment lisible pour les personnes ayant des problèmes de vue.

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